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pochette formule

Sur une pochette énigmatique et faussement sereine, baignée d’une lumière hivernale étrangement inquiétante, apparait la silhouette profondément enracinée d’un homme dont le regard se perd dans le lointain. Son manteau de freak, son port assuré, sa grosse monture écaille et sa chevelure malmenée par le vent lui confèrent une allure aristocratique légèrement décadente, alors que la typographie gothique placée à sa gauche achève de donner à l’ensemble une belle note baroque. Avec de tels apparats La Formule du Baron ne peut décidément pas être un disque comme les autres. Pour nous conforter dans notre impression première, notre mystérieux Baron décide de nous convier à un incroyable et fastueux banquet sonore placé sous le signe d’une liberté et d’une inventivité rarement  croisée sur un même disque. Tel un alchimiste fou et déchainé au fond de son mythique studio CBE, notre hôte nous concocte de succulentes mixtures musicales desquelles s’échappent des effluves de pop orchestrale rutilante, des fumets de funk piquant, quelques goutes de jazz débridé, et de merveilleuses vapeurs de variété mutante aux paroles étranges. Derrière cette production décoiffante, ces compositions généreuses et ce pseudonyme désuet se cache en fait un des plus grand producteur que l’hexagone ai connu, le regretté et passionné Bernard Estardy. Fidèle organiste de Nino Ferrer, il a également produit et côtoyé quasiment tout le gratin de la variété française, abondamment composé pour l’illustration sonore, et accouché de quelques morceaux cultes de space disco. Inclassable, La Formule du Baron reste son chef d’œuvre, à placer parmi les grandes œuvres pop et psychédéliques des années 60 et 70. Forcément culte.

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